vendredi 6 novembre 2009

Le secret

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Ces jours, les mots ne veulent pas sortir comme je le voudrais.
Aussi je vous mets un poème que j'avais écrit en printemps 2008.
Le thème demandé était "le secret".
Certains ont pu le lire ailleurs et ils s'en souviendront peut-être.

Je l'ai légèrement modifié.


Elle était assise sur le sable
blanc,
les jambes repliées contre elle

Elle regardait l'horizon

Elle avait enveloppé ses épaules

d'un châle
rouge
La nuit tombait
à présent
et la mer était d'un bleu sombre

Le silence était juste troublé

par le clapotis des vagues

qui venaient lui lécher les pieds

Cette légère caresse tiède

lui était douce et agréable

La musique des vagues

l'avait toujours bercée

Elle allait rester ainsi

pendant des heures

Elle était bien

Elle pensait à lui
et elle souriait
Personne ne devait savoir

C'était son secret

Car maintenant,

elle savait qu'elle l'aimait.


F.A.

Printemps 2008,
modifié en novembre 2009

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jeudi 15 octobre 2009

Histoire d'amour

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Cela allait bientôt faire une demi-heure qu'elle l'attendait !
- Mardi soir, à 18h, place Bellecour !, lui avait-il dit.

Elle regarda sa montre. Il allait être 18h30. Et pas moyen de le joindre. Et en plus, il commençait de pleuvoir. Elle détestait la pluie. Elle se mit à l'abri sous le kiosque. Elle allait encore lui laisser un quart d'heure pour lui permettre d'arriver. Elle était vraiment trop gentille, et il en profitait. Déjà une fois, il lui avait fait le coup. Elle avait attendu une heure, avant de se rendre à l'évidence qu'il ne viendrait pas. Finalement, elle s'était résolue à monter dans le bus qui allait la ramener chez elle. Elle s'était promis de lui dire son mécontentement. Mais, comme d'habitude, il avait trouvé une bonne excuse et elle n'avait rien dit.

18h45. Il n'était toujours pas là. Elle était terriblement en colère, et en même temps très triste. Elle en était vraiment très amoureuse. Elle l'avait rencontré à une "boom" d'étudiants. Il l'avait invitée à danser un rock, elle adorait danser le rock, et à la fin de la danse, il ne l'avait pas lâchée. Ils avaient continué à danser sur un slow. Et puis, il l'avait invitée à boire un verre, et ils avaient discuté, beaucoup discuté. Il avait 21 ans, elle en avait 18. Et elle s'était mise à l'aimer profondément. Elle adorait l'écouter parler, il connaissait tellement de choses sur tout. Et sa voix était si douce et mélodieuse. Son rire, aussi, comme elle aimait son rire... Ils avaient pris l'habitude de se retrouver tous les mardis soirs, et de se balader dans les rues de Lyon, main dans la main, parlant, riant, s'embrassant, comme deux amoureux, quoi !...

19h. Non, il était trop tard, il ne viendrait plus... Elle remonta le col de sa veste, elle avait froid. La nuit était tombée maintenant, on était déjà en novembre. La pluie redoublait. Elle ouvrit son parapluie et traversa la place. Un bus arriva, elle s'y engouffra dedans. Cette fois, c'était bien fini ! Elle en avait assez. Il la prenait vraiment pour une idiote, une véritable idiote ! Mais au fond d'elle-même, elle savait pertinemment que, dès qu'elle entendrait sa voix au téléphone et qu'il prendrait son ton désolé, elle savait qu'elle ne résisterait pas et lui pardonnerait encore cette fois. Elle l'aimait tant. Il l'aimait lui aussi, il lui avait dit. Mais cet amour, pourtant si fort, du moins le croyait-elle, ne les empêcherait pas, un jour, de s'éloigner l'un de l'autre...

F.A.
15 octobre 2009


(Photo d'Edouard Boubat)
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mercredi 14 octobre 2009

Cherche accord...

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Comment trouver le bon accord
pour être au diapason
avec ses émotions ?

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Des accords avec les autres
Mais désaccord avec soi

Un accord pour un temps
Mais désaccord à plein temps

Accord mineur, accord majeur
Des accords parfaits
Accord passé, accord imparfait
Désaccord parfait

Accorder son coeur
Encorder son corps

Coeur à corps

A coeur perdu
A corps perdu
Accord perdu

F.A.
14 octobre 2009




Il s'agit juste de mots lâchés en toute liberté...
D'accord ?... ;-)

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mercredi 7 octobre 2009

Le temps

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Le temps qui passe
le temps qu'on laisse passer
le temps qui a passé...

Le temps qui fuit
le temps qu'on laisse fuire
le temps qui a fui...

Le temps qui n'est plus
le temps que l'on n'a plus
le temps qui ne reviendra plus...

N'attendons pas

de n'avoir plus le temps
Le temps passe si vite...

Ne le laissons pas s'enfuir
sans nous y poser un instant...

F.A.
7 octobre 2009

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mardi 29 septembre 2009

Chagrin

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Elle me tourne le dos
Elle regarde par la fenêtre
Je m'approche d'elle
Des larmes coulent sur ses joues
Elle pleure en silence
Je la prends dans mes bras
et la berce doucement, tendrement

Pleure ma belle, pleure
Laisse sortir ta peine
Ces larmes te soulageront
Laisse les couler
Ne les retiens pas
Tu délivreras ainsi ton âme
de tout ce chagrin

Et un beau matin,
tu seras toute étonnée
de ne plus avoir envie de pleurer
Tu auras retrouvé
l'envie de danser, de chanter,
l'envie de sourire, de rire,
l'envie d'aimer !...

Tu auras oublié !
Oui, oublié !
car le temps est ce qu'il est,
mais il a au moins cette vertu,
il permet d'oublier
bien des chagrins.
Crois moi...

F.A.
26-09-2009
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mardi 15 septembre 2009

Le puits

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Derrière cette petite porte se trouve un puits.
Ce puits se trouve en bas du village où se trouve ma petite maison bleue.
Lorsque j'étais enfant, alors que je passais mes vacances d'août avec mes parents
dans cette petite maison, il n'y avait pas l'eau courante à l'évier,
et nous étions obligés de descendre en bas du village, avec des seaux, pour aller chercher de l'eau.
C'était ma mère qui le faisait. Je la revois descendre les seaux au fond du puits et les remonter,
débordant de cette eau si claire et si fraîche. Je l'accompagnais et je l'aidais aussi bien que je le pouvais
pour remonter ces deux seaux bien lourds juqu'à la maison.
J'étais bien petite à l'époque. Mais j'aimais l'acompagner dans cette tâche.

Souvenirs d'un temps lointain, qui avait ses inconvénients,
mais où nous prenions le temps, tout simplement...
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vendredi 11 septembre 2009

Le chemin de pierres

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Elle marche sur le chemin en hésitant,
elle n'est pas sûre d'elle
Il faut dire que les pierres sont glissantes
suite à l'orage de tout à l'heure,
et de plus, la nuit est en train de tomber
Et voilà ce qui devait arriver !
elle trébuche sur l'une d'elles,
et elle tombe en avant !
Aïe !... Elle gémit de douleur
tout en essuyant une larme
Le coup lui a porté au coeur
Mais elle se relève rapidement
et frotte son genou endolori
Ce n'est pas la première fois qu'elle tombe
et ce ne sera pas la dernière
Elle se relèvera encore cette fois !
Elle regarde le sol de plus près
C'est cette pierre qui l'a fait tomber
Elle la ramasse et l'examine
Elle n'en a jamais vu de semblable auparavant,

claire d'un côté, sombre de l'autre,
comme si elle était partagée en deux
Le soleil couchant adoucit ses contours,
et lui donne de jolis reflets bleutés et cuivrés
Elle la trouve très belle
Elle la met dans sa poche
Celle-ci ne la fera plus tomber
D'ailleurs, ce sera la dernière fois
qu'elle empruntera ce chemin
Il est pourtant très beau
on dirait une voie romaine,
avec ses pierres bien rangées,
mais il est vraiment trop dangereux,
surtout par ces temps incertains,
et dorénavant elle sera prudente,
très prudente...

F.A.
11 septembre 2009
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mercredi 9 septembre 2009

La carapace

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Ma fille, je t'en supplie
Débarasse toi de cette carapace !
Débarasse toi de ce manteau lourd
qui t'empêche d'avancer !

Tu crois qu'il te tient chaud
tu crois qu'il te protège
Mais en fait,
il t'empêche de respirer
il t'empêche de ressentir
il t'empêche de vivre !

Apprends à écouter ton coeur
Ecoute ce que dit ton âme
Elle a envie de vivre !
Si elle est joyeuse, ris !
si elle est triste, pleure !
Mais vis, ma fille !
Laisse les émotions t'envahir
Ne les enfouis pas au fond de toi,
surtout pas...

Je t'aiderai à surmonter tes peurs
je t'aiderai à panser tes blessures
Viens, donne moi la main
et avançons toutes les deux
Je suis toi, tu es moi
Viens ma fille,
viens...

F.A.
9 septembre 2009
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mercredi 2 septembre 2009

La vieille dame

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Elle est assise dans un coin du salon
son chat ronronnant sur son épaule
Personne ne fait attention à elle
Elle a fermé les yeux
Elle ne voit personne
Elle est ailleurs...


Vieille dame, dis-moi,

- As-tu pu vivre tes rêves les plus chers ?
As-tu pu les effleurer un peu ?
Ou n'as-tu fait que les rêver ?

- As-tu quelques doux souvenirs ?
Souris-tu en te les remémorant ?
Ou bien n'as-tu que des regrets ?

J'espère de toute mon âme
que tu as pu en réaliser quelques-uns,
surtout ceux qui te tenaient le plus à coeur
et qu'ils te tiennent chaud maintenant...
très chaud...

F.A.
25 août 2009



(Peinture d'Alain Amevet)
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Coeur

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Mots autour d'une image.




Pars !
crient-elles en choeur,
encore

Pars !
crie son coeur
encore

Par-tagé
son coeur
encore
encore
encore
...

F.A.
2 septembre 2009

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mardi 1 septembre 2009

Réhabilitation

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Incapable !
IN-CA-PA-BLE !!!
Ce mot résonnait à ses oreilles.
De quel droit cet homme le traitait-il d'incapable ! Parce qu'il était son supérieur ? Cet homme était en train de le démolir. Cet homme était en train de lui ôter toute confiance en lui. Il le haïssait, mais il ne pouvait se défendre sous peine de perdre sa place. Il ne pouvait pas se le permettre, car, malgré son âge déjà avancé, il avait encore trois jeunes enfants à nourrir et à élever. Et à cette époque, le harcèlement moral n'était pas punissable.
Alors, il subissait et il s'enfonçait chaque jour un peu plus dans la déprime. Il sentait bien que son corps n'en pouvait plus, il sentait bien que son coeur battait d'une façon de plus en plus désordonnée, et que cela ne pourrait pas durer très longtemps. Il essaya néanmoins de tenir bon, mais il finit tout de même par tomber malade, très malade. Il dût s'arrêter de travailler pendant plus d'un an, consultant médecin sur médecin, suivant maints et maints traitements, subissant même des électrochocs, c'était la mode à l'époque... Et lui qui avait déjà un coeur fragile, tous ces traitements lourds et agressifs le fragilisèrent encore davantage. Toutefois, au bout de cette longue année, sa santé s'améliora un peu et il put reprendre son travail, mais pour éviter de se retrouver sous les ordres de ce chef odieux, il préféra descendre d'un échelon, et avoir un salaire moins conséquent, mais surtout ne plus voir cet homme abject.
Sa petite femme était courageuse et l'épaulait du mieux qu'elle pouvait, tout en s'occupant de leurs trois jeunes enfants.
Ses enfants... comme il aurait voulu être plus présent avec eux, comme il aurait voulu s'en occuper davantage, jouer avec eux, rire avec eux. Mais il ne le pouvait pas. Comment aurait-il pu ? Il n'était que l'ombre de lui-même. Il n'était que souffrance et désespoir. Il sentait bien que ses enfants n'étaient pas à l'aise avec lui, que ses enfants l'évitaient même. Surtout la petite dernière, la petite dernière qui lui ressemblait tant. Il surprenait parfois son regard posé sur lui, son regard interrogateur et inquiet. Il l'aimait pourtant ce petit bout de femme, mais il avait peur de lui faire du mal. Il était tellement triste, tellement à bout, il allait tellement mal, comment aurait-il pu lui sourire, comment aurait-il pu la prendre dans ses bras ? Ce n'était pas possible.
Le soir, lorsqu'elle rentrait de l'école, elle entrouvrait la porte de son bureau et s'avançait légèrement. Elle le regardait, elle hésitait, et finalement, elle refermait la porte en silence, et s'éloignait. Il croit bien qu'elle avait peur de lui, il avait raison, et il en était infiniment malheureux. Mais il était incapable - décidément, ce mot le poursuivait - de lui dire un seul mot, et même de lui sourire. Et pourtant, il avait de l'amour pour cette petite fille, et pourtant, il l'aimait, mais il ne sut jamais le lui dire, mais il ne put jamais le lui dire. Il partit trop tôt, terrassé par une angine de poitrine, à l'âge de 59 ans. Il emporta avec lui tous ces mots non dits, tous ces mots jamais dits, et que la petite fille, plus tard devenue femme, chercherait toujours...

F.A.
Mi août 2009

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jeudi 30 juillet 2009

Lui... et elle

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Elle le regarde
avec ses yeux de jeune adolescente

Il n'est pas loin
juste à quelques mètres
mais il est comme un inconnu
Il ne la regarde pas
il ne tourne pas la tête vers elle
Ils sont comme deux étrangers

Vêtu de son manteau sombre,
son feutre gris sur la tête,
il regarde droit devant lui.
Comme les autres passagers du bus
il est ballotté tantôt à droite,
tantôt à gauche
se tenant à la poignée
qui est juste au-dessus de lui

Il ne la voit pas
ou fait semblant de ne pas la voir
elle ne sait pas pourquoi
Elle n'ose pas s'approcher de lui
Il est dans ses pensées
il est ailleurs
Et puis peut-être serait-il gêné
elle ne veut pas le mettre dans l'embarras

Ils vont descendre au prochain arrêt
Elle le laissera partir devant
et elle le suivra
quelques mètres derrière
Elle n'osera pas, encore une fois
s'approcher de lui,

lui parler,
C'est comme s'ils ne se connaissaient pas

Pourtant,

ils vont entrer dans la même maison
Pourtant,
ils vivent dans le même appartement

Pourtant... il est son père
Pourtant... elle est sa fille

C'est ainsi
Elle s'est résignée depuis longtemps
à ces échanges si distants

mais tout de même,

elle en souffre...

F.A.
30 juillet 2009

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samedi 25 juillet 2009

Je t'aime

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Lorsqu'un enfant a manqué de regards,
de sourires,
d'affection,
d'amour

Lorsqu'il a eu l'impression
de ne pas exister,
d'être transparent,
de déranger même...

Alors, toute sa vie,
il sera à la recherche
de ces regards (ses regards),
de ces sourires (ses sourires),
et en attente de ces mots...

Je t'aime...

F.A.
25 juillet 2009


(image trouvée sur le net)

mercredi 1 juillet 2009

Toi et moi

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Dire que nous nous sommes si peu connus
14 ans à peine...
et que nous nous ressemblons tant...

Je retrouve entièrement en moi
tes émois
tes pensées
tes rêveries
ton exaltation !

Mais aussi
tes inquiétudes
tes questions
tes déceptions
ta tristesse...

Si tu savais à quel point,
je comprends tout maintenant...

Je comprends
tout ce que tu as pu ressentir,
tout ce que tu as pu souffrir...
C'est comme si ton esprit
était entré en moi...
C'est comme si j'étais devenue toi...

Si j'avais compris tout cela avant,
peut-être aurais-je pu t'aider
Mais je n'étais qu'une petite fille
et c'est moi qui aurais eu besoin de toi...

F.A.
1er juillet 2009

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mardi 16 juin 2009

Moments volés

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Elle aimait tant ses petits moments
qu'elle arrivait à lui voler...


Lui était assis sur une chaise
en train de regarder la télé.
Elle grimpait sur la table
et lui présentait ses petits pieds
"Allez, papa ! allez !
masse moi mes petits pieds
s'il te plaît...
Allez, dis, tu veux bien ?..."

Bon gré, mal gré,
et en rouspétant un peu,
il s'exécutait.
Et pendant un court instant
c'était le bonheur complet.
Elle l'avait pour elle seule.

Mais il se lassait vite
et elle avait beau insister,
c'était déjà terminé.
Il l'aimait pourtant
ce petit bout de femme
mais il était si maladroit

avec elle,
et si mal à l'aise aussi,
peut-être...

Peu importe
elle était heureuse.
Elle était arrivée
à ce qu'il s'occupe d'elle.
Et même si cela n'avait duré
que quelques minutes,
c'était déjà beaucoup.
Elle pouvait aller dormir
le sourire aux lèvres.

D'ailleurs, depuis,
comme elle aime
qu'on lui masse les pieds !
Cela lui rappelle
ces doux moments d'intimité
qu'elle arrivait à voler à son père...

F.A.
16 juin 2009

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D'où venez-vous ?